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Des Couloirs Interminables _ Yu-Gi-Oh

  • 24 juil 2009 at 7:12 PM
ichigo bleach hollow

Titre: Des Couloirs Interminables

Genre: Surnaturel, Drame, Angst

Rating : M

Type: Fic multi-chapitres.

Pairing: Yami/Yuugi

Warnings: Scènes gores

Résumé:

Accusé par ses camarades de lycée du meurtre de sa meilleure amie, Anzu Mazaki, malgré le manque de preuves, Yuugi Mutou est victime d’une agression qui le laisse aussi bien troublé mentalement que physiquement. Changeant d’école comme de chemise, au vu de la réputation qui le précède, il finit par perdre confiance en l’humanité. Jusqu’au jour où il rencontre un jeune homme qui pourrait bien l’aider à découvrir la vérité…

Disclaimer: Yu-Gi-Oh!/Yuugi-Ou ne l’appartient en aucun cas.
 


 

Prologue

 


-

 

Des couloirs vides, d’une longueur interminable.

 

Des murs parfaitement blancs, aux portes noires venant régulièrement briser cette pureté.

 

Et le silence.

 

Il avait l’allure diligente, progressant dans le bâtiment à une rapidité incroyable. Il était heureux.

 

Car il la cherchait : elle lui avait promis de déjeuner avec lui, aujourd’hui.

 

Il tourna une fois de plus au bout du couloir, impatient.

 

Et soudain, il l’aperçu. Elle était là, paisiblement installée sur une des chaises, face au bureau du principal, ses mains fines et pâles posées gracieusement sur ses genoux. Son visage était masqué par ses longs cheveux bruns, la dissimulant du regard des autres.

 

Il l’interpella, un grand sourire s’étalant sur ses lèvres. Etrangement, elle ne redressa pas la tête.

 

Supposant qu’elle ne l’avait pas entendu, il s’arrêta en face d’elle, répétant son nom une fois de plus, amusé.

 

Le silence.

 

Il fronça les sourcils maintenant inquiet, et s’accroupit face à elle, essayant d’apercevoir son visage entre les mèches de cheveux.

 

Doucement, il leva une main pour toucher sa joue.

 

Il n’avait pas prévu que la cloche sonnerait à ce moment précis.

 

Ni que la tête de son amie ne tomberait de ses épaules pour rouler au sol, ses grands yeux bleus et froids fixant le vide.

 

Ce fut ainsi que le trouvèrent ses camarades, le visage aspergé de gouttelettes de sang, sa main tremblante touchant le vide à l’endroit même où se trouvait la douce joue de la jeune fille, quelques instants auparavant.

 

La plupart des élèves hurlèrent devant la scène, certains vomirent et d’autres s’évanouirent. Le principal, alerté par le bruit, cria son nom par dessus les cris de la foule.

 

Mais il ne les entendit pas, ses grands yeux écarquillés fixant sans émotion le sang qui coulait librement le long du cou du cadavre, tachant l’uniforme rose, formant d’étranges et plaisantes arabesques sur le tissu qui le buvait.

 

Il hurla.

 

 

Yuugi se redressa brutalement, jetant au sol ses draps tout en poussant un hurlement déchirant, qui aurait pu réveiller les morts eux-mêmes. (Et Dieu savait qu’il aurait aimé en avoir le pouvoir.)

 

Les larmes coulaient le long de ses joues, dans un flot interminable, et il sentit une douleur sourde lui parcourir la main gauche, pulsant au rythme des battements de son cœur.

 

La lumière du couloir s’alluma et il entendit le bruit sourd de pas précipités rebondir contre les murs.

 

Il ramena à sa poitrine le membre douloureux, parcourut de spasmes.

 

La porte s’ouvrit brusquement, laissant apparaître une grande femme brune à l’air paniqué.

 

« Yuugi ? Oh, Yuugi ! » s’écria-t-elle, s’avança hâtivement vers le lit pour tenter de prendre le garçon dans ses bras.

 

Ce dernier recula brusquement, et un éclair de compréhension traversa le regard de la femme qui porta une main à sa bouche, les larmes brillant au coin de ses yeux.

 

« Oh, Yuugi… » chuchota-t-elle dans sa main, désespérée. « Tu as encore rêvé de ça ? »

 

Un vieil homme, à sa suite, pénétra dans la chambre, ses yeux mauves encadrés de rides venant automatiquement se focaliser sur la forme tremblante qui, repliée sur elle même, n’émettait plus aucun bruit.

 

Dans ses mains, un verre d’eau et un flacon de médicaments d’un blanc rappelant dangereusement ceux de ces interminables couloirs, remarqua le garçon, tremblant un peu plus.

 

Il en sortit deux, et se rapprocha de son petit fils, posant une main maladroite sur le dos de ce dernier. Il lui tendit les pilules.

 

« Yuugi, prends les, tu iras mieux avec ça… » fit-il au garçon, la voix presque suppliante.

 

La main tremblante et nerveuse, le garçon arracha presque les calmants de celle du vieil homme les enfonçant prestement dans sa bouche avant de se jeter sur l’eau, s’étouffant à moitié au passage.

 

La femme lui caressa doucement le dos, et il ne la repoussa pas, légèrement calmé par le liquide frais qui coulait le long de sa gorge.

 

La tension dans la pièce baissa considérablement lorsque l’adolescent redressa la tête, montrant un visage qui, s’il semblait épuisé, était relativement plus calme.

 

Son souffle précipité était à présent le seul bruit qui demeurait dans la pièce, les deux autres occupants de cette dernière se faisant le plus discrets possible.

 

« Je… » murmura Yuugi, la voix rauque. « Ca ira… Je veux juste… que vous sortiez… »

 

« Yuugi… Ca fera bientôt un an ! Peut-être que si tu en par- » commença sa mère, la détresse inscrite partout sur son visage.

 

« -Non… » l’interrompit brusquement son fils. « Je veux juste… dormir… »

 

Se lançant un regard résigné, les deux adultes, à regret, se décidèrent à respecter le souhait de leur enfant, emportant avec eux les calmants et le verre à présent vide.

 

 Une quinzaine de minutes s’écoulèrent, l’adolescent restant parfaitement immobile, assis sur son lit, son regard vitreux braqué sur la porte.

 

Finalement, il souleva la main droite pour venir caresser du bout des doigts les profondes cicatrices qui barrait chacun des doigts de son autre main.

 

La douleur était repartie, comme elle était venue, laissant derrière elle le goût âpre de la peur.

 

Yuugi savait qu’il ne pourrait plus dormir.

 

Demain serait son premier jour dans sa nouvelle école. C’était la quatrième. Et ce ne serait certainement pas la dernière, se disait le garçon, blasé.

 

Demain, il devrait de nouveau faire face à des gens qui ne le connaissait pas, qui le jugerait, et qui, une fois qu’il découvriraient son passé, le trahirait.

 

Ca se passait toujours comme ça.

 

Et la seule chose que pouvait espérer le garçon était que la trahison ne serait pas aussi douloureuse que dans son premier lycée.

 

Le bon côté des choses, songea le garçon éreinté, était qu’elle ne pourrait jamais être pire.

 

Sa main blessée vint effleurer sa paupière gauche, là où un œil d’un bleu presque blanc fixait, aveugle un point invisible, loin, très loin, parmi le monde de sa mémoire.